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25.10.2022
Du grenier des Goncourt à Auteuil à l'Académie et au Prix Goncourt

Photographié par Félix Nadar, Edmond à gauche et Jules à droite. (Musée Carnavalet à Paris)
En 1868, à la recherche d’un peu de calme et de verdure, les frères Goncourt quittent la rue Saint-Georges (9ème) pour venir s'installer à Auteuil. Une première maison, près du Parc des Princes leur échappe et ils échouent finalement 53 (aujourd’hui 67) de l'avenue de Montmorency dans un petit hôtel particulier qui ne posséde pas l'eau courante. Malgrès l'inconfort des premiers temps c'est dans ce lieu qu'ils espèrent trouver le calme au milieu de leurs oeuvres d'art, notamment des bronzes japonais et des porcelaines de Chine. La proximité d'une voie ferrée les oblige à faire d'importants travaux qui dureront plusieurs mois. Ils aménagent le second étage pour accueillir leurs nombreuses collections et la brillante société littéraire tous les s après-midi : Zola, Daudet, Maupassant, Huysmans, Gautier seront des habitués du fameux grenier.
Jules n’en profitera pas beaucoup puisqu'il décède de la syphilis en 1870. Après sa mort, Edmond envisage de louer la maison qui pendant le siège de Paris sera touchée par un petit obus, l'un des derniers tirés par les Versaillais. Après un bain trop froid, Edmond meurt, en juillet 1896, dans les bras d’Alphonse Daudet à Champrosay. Etrange hasard c'est cette même année que meurt Alfred Nobel laissant à la postérité, outre la terrible invention de la dynamite, et par testament une généreuse une récompense, bien plus pacifique : les Prix Nobel.
Car en effet si Jules et Edmond de Goncourt sont encore connus du grand public, c'est moins à cause de leur oeuvre littéraire, pourtant très prolifique, que grâce au Prix né en 1903 des dernières volontés d’Edmond. Conçue à l’origine pour assurer l’indépendance de dix écrivains. Toute la fortune d'Edmond, puisqu’il n’a pas d’héritiers directs, devra servir à la création une académie de dix écrivains, à leur servir une rente de 6000 francs et une fois par an et à doter un prix de 5000 francs "au meilleur ouvrage en prose". Mais sans le savoir par la création posthume de cette "Académie Goncourt", Edmond va déchaîner un extraordinaire phénomène d’édition : les prix littéraires.
Cela ne se fera pas sans mal, les cousins d’Edmond attaquent le testament, perdent leur procès en 1897, puis font appel et perdent à nouveau en 1900, il est vrai que face à l'avocat de la toute nouvelle Académie et exécuteur testamentaire, Raymond Poincaré, ils n'avaient guère de chance. Il faudra encore trois ans pour vendre le patrimoine d’Edmond, dont la maison d'Auteuil, soit plus près de deux millions et demi de francs, puis établir les statuts de l'association d'utilité publique.
Enfin 26 février 1903, sept hommes de lettres (Huysmans, Octave Mirbeau, Léon Hennique, Gustave Geffroy, les deux frères Rosny et Paul Margueritte) se réunissent, dans un salon du Grand Hôtel, près de l’Opéra, plustard rejoind par Léon Daudet, Élémir Bourges et Lucien Descaves, l'Académie est née, la suite appartient à l'histoire.
Et la maison me direz-vous ? Et bien elle existe toujours mais elle est dans un triste état. Propriété de la Ville de Paris, elle semble ne pas être entretenue depuis des années. La muncipalité de Paris, dont les caisses sont vides, pourrait vouloir la vendre. Heureusement, un projet de Maison des écrivains, en partenariat avec l'académie Goncourt, devrait y voir le jour, comme la indiqué en avril dernier Monsieur le Maire du 16ème en Conseil d'Arrondissement (page 7). La question a ensuite été évoquée en Conseil de Quartier Auteuil sud (page 18). Il serait dommage de perdre un tel lieu de mémoire. Donc affaire à suivre...
par Antoine
+ d'info sur l'Académie des Goncourt et son célébre prix.
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